À l'heure où le soutien public à l'apprentissage est réinterrogé — le Budget 2026 prévoyant des économies sur les aides aux entreprises formatrices, et un nouveau décret sur l'aide à l'embauche des apprentis étant en passe d'être publié —, l'association des Entreprises Éducatives pour l'Emploi (3E) publie son 1er Baromètre, réalisé avec Odoxa, sur le rapport des jeunes à l'alternance. Mené auprès d'un échantillon représentatif de 2 414 étudiants et jeunes actifs (dont 1 208 alternants ou anciens alternants), il dresse un constat clair : l'alternance est un contrat social complet — un revenu qui protège, une confiance qui propulse et des compétences qui insèrent.
Un accélérateur d'insertion professionnelle
À l'issue de leurs études, 74% des anciens alternants ont reçu une proposition d'embauche, contre 49% des jeunes n'ayant pas suivi cette voie : un écart de 25 points qui fait de l'alternance l'un des dispositifs les plus efficaces d'accès rapide à l'emploi. Le mécanisme de fidélisation est puissant : 31% ont été recrutés directement par l'entreprise où ils avaient effectué leur alternance. Ce différentiel se lit aussi dans la confiance : 75% des alternants se disent confiants dans leur capacité à trouver vite un emploi qui leur plaît, soit +14 points par rapport aux autres étudiants (61%).
Un revenu qui sécurise les parcours
82% des alternants estiment que le revenu perçu a été essentiel pour poursuivre leurs études à un moment de leur cursus — une nécessité qui croît avec le niveau de formation (67% dès après le bac, jusqu'à 80% pour les parcours allant jusqu'au Bac+5). Ce revenu nourrit l'émancipation : 58% déclarent qu'il leur a permis d'assurer leur autonomie financière, et la dépendance au soutien familial recule de 14 points par rapport aux non-alternants. Surtout, sans cette rémunération, 75% se seraient retrouvés en difficulté : pour trois alternants sur quatre, le salaire n'est pas un complément, mais un filet vital pour le logement, l'alimentation et les transports.
Des compétences et un réseau directement mobilisables
L'alternance agit comme une fabrique de compétences immédiatement actionnables : 86% des alternants déclarent avoir acquis des compétences pratiques et opérationnelles, 83% mieux comprendre les codes et le fonctionnement de l'entreprise (contre 64% des autres étudiants), 72% se sentir préparés à des postes à responsabilités et 68% avoir développé un réseau professionnel. Sur l'ensemble de ces dimensions, l'écart avec les jeunes n'ayant pas fait d'alternance va de 10 à 19 points. Au global, 80% estiment que cette voie leur a ouvert des opportunités auxquelles ils n'auraient pas eu accès autrement.
L'enjeu des aides publiques
Interrogés sur le rôle du soutien de l'État, 38% des alternants et anciens alternants estiment que, sans ces aides, leur entreprise d'accueil n'aurait probablement pas eu les moyens de les recruter et de les former — et 10% pensent qu'elle n'aurait certainement pas pu le faire. Un signal au moment où ces dispositifs sont à nouveau ciblés dans les débats budgétaires.
Encore plus marqué dans les formations à vocation professionnelle
Chez les jeunes ayant combiné alternance et études à vocation professionnelle (BTS, BUT, licence pro, bachelor, école spécialisée, mastère), les bénéfices sont accentués : 84% jugent le revenu essentiel, 88% déclarent avoir acquis des compétences opérationnelles (soit +11 points par rapport aux mêmes cursus sans alternance), et 74% ont reçu rapidement une proposition d'embauche, contre seulement 48% sans alternance.
Étude complète. Tous les résultats détaillés, graphiques et analyses du Baromètre 3E × Odoxa.
Télécharger l'étude (PDF)Enquête réalisée par Internet du 12 au 26 décembre 2025 auprès d'un échantillon de 2 414 étudiants et jeunes actifs, représentatif de cette population (méthode des quotas ; redressement reflétant 32% d'étudiants et 68% de jeunes actifs). Baromètre 3E × Odoxa — analyse : Céline Bracq, directrice générale d'Odoxa. Publié le 12 février 2026.