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59 % des jeunes veulent pouvoir candidater hors Parcoursup

Étude 3E × OpinionWay sur le rapport des jeunes à l’orientation · 11 juin 2026

À l’heure où s’ouvre la phase complémentaire de Parcoursup — qui permet aux candidats sans proposition de formuler de nouveaux vœux jusqu’au 10 septembre, alors qu’en 2025, 6 % des néo-bacheliers inscrits sur la plateforme ont achevé la procédure sans aucune proposition (MESR-SIES) —, l’association des Entreprises Éducatives pour l’Emploi (3E) publie les résultats de son étude réalisée avec OpinionWay auprès d’un échantillon représentatif de 1 094 jeunes de 17 à 22 ans sur leur rapport à l’orientation. Le constat est clair : les jeunes attendent une évolution du système, avec une meilleure prise en compte de la diversité des parcours et davantage de souplesse dans le calendrier.

59%
des jeunes se disent intéressés par la possibilité de candidater hors Parcoursup.
89%
sont favorables à une voie de recrutement complémentaire, encadrée et transparente.
91%
ont rencontré au moins une difficulté sur la plateforme.
82%
souhaitent des réponses d’admission définitives plus tôt dans l’année.
77%
estiment que Parcoursup restreint le choix des élèves, avec un calendrier de vœux trop resserré.
60%
ont renoncé à certains vœux par crainte de ne pas être acceptés.

Des chiffres qui plaident pour plus de souplesse et un calendrier repensé

L’étude révèle une attente massive et réfléchie : 59 % des jeunes se disent intéressés par la possibilité de candidater hors Parcoursup, et 93 % y voient au moins un avantage concret — éviter les listes d’attente (50 %), se réorienter sans perdre une année (42 %), accéder à des formations absentes de la plateforme (41 %). Surtout, 89 % sont favorables à la création d’une voie de recrutement complémentaire, encadrée et transparente, pour accueillir des profils aux parcours ou projets différents des critères académiques classiques. Les étudiants demandent un droit à une alternative : une procédure complémentaire garantissant un examen attentif et personnalisé de chaque dossier. Les perceptions de la plateforme confirment ce diagnostic : 77 % estiment qu’elle restreint le choix des élèves en raison d’un calendrier de vœux trop resserré, 75 % qu’elle favorise certains profils au détriment d’autres, et 70 % qu’elle contraint parfois les élèves à suivre des parcours qui ne leur correspondent pas.

Les lycéens professionnels et technologiques, grands oubliés d’une plateforme taillée pour la voie générale

91 % des jeunes ont rencontré au moins une difficulté sur Parcoursup : un stress important lié à la concurrence pour certaines filières (77 %), des vœux abandonnés par crainte de ne pas être accepté (60 %), l’envie de candidater à une formation absente de la plateforme (59 %), ou encore un vœu non formulé parce que c’était trop compliqué (55 %). Cette fracture dépasse la simple insatisfaction, avec une surexposition marquée des lycéens des voies professionnelle et technologique : ces élèves cumulent un algorithme perçu comme structurellement favorable aux résultats de la voie générale et une quasi-absence de conseillers d’orientation dans leurs établissements. À cela s’ajoute une réalité peu documentée : certains profils atypiques — artistes, porteurs de projets non linéaires, étudiants en réorientation — font face à un risque réel d’auto-censure lorsque le passage par Parcoursup constitue le seul accès à l’enseignement supérieur.

Comment les jeunes s’orientent

Choisir son orientation post-bac reste un exercice jugé difficile par 42 % des jeunes. Pour s’y retrouver, ils s’appuient d’abord sur les journées portes ouvertes des établissements (40 %), les réseaux sociaux (39 %), les informations données par Parcoursup (38 %) et les conseils de leurs parents (37 %) — et déjà 23 % sur une conversation avec une intelligence artificielle. Les informations fournies par leur propre établissement scolaire n’arrivent qu’en douzième position (21 %).

Trois propositions pour une orientation plus équitable

Face à ces constats, et sans remettre en cause les progrès réalisés depuis plusieurs années, 3E formule des propositions constructives, dans la logique d’évaluation par la qualité portée par le projet de loi sur l’enseignement supérieur privé, en cours d’examen au Parlement.

1. Ouvrir un recrutement hybride encadré. Aujourd’hui, ce sont les formations évaluées (Hcéres, CTI, CEFDG) qui figurent sur Parcoursup ; demain, le projet de loi étendra cette logique de qualité aux établissements eux-mêmes, à travers l’agrément. Les établissements ainsi évalués, dont la qualité serait contrôlée, pourraient conserver une voie de recrutement hors plateforme dans des proportions raisonnables.

2. Déployer InserSup. La plateforme publique d’insertion professionnelle doit couvrir l’ensemble des établissements pour permettre de vraies comparaisons. La transparence des données — taux d’insertion, salaires de sortie, taux de rupture, types de métiers — constitue un prérequis à une orientation éclairée.

3. Faire de Parcoursup un véritable outil d’orientation. Cela suppose un recrutement au fil de l’eau, permettant à l’étudiant de valider son choix dès qu’il le souhaite tout en conservant la possibilité de se désister jusqu’à un mois avant la rentrée — une attente confirmée par l’étude, puisque 82 % des jeunes sont favorables à ce que certains établissements puissent donner des réponses d’admission définitives plus tôt dans l’année —, ainsi que la possibilité d’une réorientation en cours d’année, aujourd’hui quasi impossible.

« Les chiffres de cette étude confirment ce que nos établissements observent sur le terrain : une part significative des jeunes ne trouve pas, dans la procédure actuelle, de réponse pleinement adaptée à son projet ou à son profil. Notre rôle est de porter la voix de ces étudiants, qui souhaitent que leurs spécificités soient prises en compte : un calendrier étendu, une diversité de voies de formation, un ancrage dans l’emploi. Nous appelons à ce que ces attentes soient entendues dans le cadre d’un débat serein sur l’évolution de l’orientation. »— Antoine Prodo, président de 3E

Étude complète et communiqué. Tous les résultats détaillés de l’étude 3E × OpinionWay, et le communiqué de presse du 11 juin 2026.

Télécharger l’étude (PDF) Télécharger le communiqué (PDF)

Sondage OpinionWay pour Les Entreprises Éducatives pour l’Emploi, réalisé auprès d’un échantillon de 1 094 jeunes passant le baccalauréat en 2026 ou l’ayant obtenu en 2024 ou 2025, issu d’un échantillon de 4 526 jeunes représentatif de la population âgée de 17 à 22 ans, constitué selon la méthode des quotas (sexe, âge, statut, catégorie d’agglomération et région de résidence). Interviews réalisées par questionnaire auto-administré en ligne (système CAWI) du 2 au 17 avril 2026. Marges d’incertitude de 1,4 à 3,1 points au plus. Enquête réalisée selon la norme ISO 20252. Publié le 11 juin 2026.